Lorsque j'ai appris que mon ami d'enfance était stérile, il était tard...
Nous étions encore en train de discuter après que tout le monde soit parti, l'alcool aidant les dernières confidences, après les derniers cafés et les embrassades ; seuls, dans la lueur du petit matin et les premiers chants des oiseaux.
Qu'y avait-il à dire de plus à ce moment-là ? Rien d'autre que le silence ne pouvait mieux nous permettre de communiquer. Les regards empreints de cette douleur commune à nous deux désormais, celle de ne pas pouvoir enfanter comme les autres, simplement.
Et dire que je me plaignais, que je regardais encore tous les jours mon beau nombril redevenu bien rond... quand lui n'avait plus aucun espoir ! Je trouvais déjà la vie injuste, mais ce matin-là, en face de lui, je n'avais plus de mots...
Malgré les épreuves, la fausse couche et la mort de ma fille, jamais je n'avais perdu de vue l'idée que j'allais avoir, un jour, mon enfant. Jamais je n'avais rencontré de problèmes pour tomber enceinte, et même si cela n'avait été que des échecs, mon corps se remettrait encore et mon ventre serait fertile à nouveau. Même si quelquefois j'avais cru que je n'y arriverais jamais, pensé que ce bonheur-là m'était interdit, imaginé que je mettrais des années à y arriver, j'avais toujours cet espoir.
Mon ami d'enfance, cet espoir, il l'avait perdu au moment même où il avait besoin d'y croire. Les enfants, une femme, une famille, jamais je n'avais pensé que c'était pour lui ; je l'avais toujours imaginé seul, ou accompagné de conquêtes éphémères, jusqu'à ce qu'il la rencontre, elle, beaucoup plus âgée que lui, frêle et timide, et vierge de tout amour. Quand j'ai su qu'ils s'aimaient et qu'ils avaient décidé de se fiancer, je me disais que mon vieil ami avait enfin ouvert son coeur et trouvé celle avec qui il pouvait enfin être lui-même. Quand j'ai su qu'ils envisageaient de faire un enfant, j'étais enceinte de ma fille, et je le voyais si heureux... il me disait : "tu vois, on va les faire en même temps nos bébés, comme nos mères avant nous, et ils deviendront amis aussi quand ils seront plus grands"...
Puis ma fille est morte ; peu de temps après il a appris sa stérilité ; mais il venait juste de me le dire ; comment faire encore confiance en la vie après ça, et tout ce que nous avions enduré, avant ?
Quand moi j'avais encore mon horizon ouvert malgré la douleur, je savais que le sien s'était bouché quelque part, et qu'il devait prendre déjà une autre direction... Je pensait à elle, à son âge, à leur avenir, aux examens qu'on allait leur faire, aux solutions aléatoires qu'on allait leur proposer ; auraient-ils le courage... ?
Comment l'adoption pouvait-elle être si difficile d'accès... pourquoi ne pouvait-on pas y accéder dès que l'on en ressentait le besoin...
Quand je lui ai demandé ce qu'il ferait si on lui proposait dans l'immédiat un tout petit bébé à adopter, sans délai, contre une toute petite signature, qu'a-t-il répondu ?
Comme moi : que nous le prendrions tout de suite, cet enfant, que nous signerions tout de suite, car nous aurions tellement d'amour à lui offrir que cela ne servirait à rien d'attendre.
Quelque part, le malheur de mon ami d’enfance fut un bien pour moi, et une ultime clef : , Si son destin et le mien étaient liés, sa stérilité me renvoyait à ma propre fertilité… quelque temps après je me mis même à penser que comparé à lui, j’avais de la chance : nous étions un couple fertile, et donc un couple avec potentiellement, un jour, un enfant à nous. J'avais retrouvé confiance.
pourquoi n'imporque qui peut faire un enfant pour en faire un malheureux alors qu'il est compliqué d'en adopter un pour lui donner de l'amour...
pourquoi une grossesse dure 9 mois et une adoption 3 ans...
pourquoi...
David
Je n'ai pas su comment te répondre autrement qu'en postant un commentaire car tu ne m'as pas laissé d'adresse. Merci de m'avoir lue, et merci de m'avoir également fait découvrir ton blog et tant d'autres....Et je réalise à chaque fois, que nous sommes si nombreuses. J'essaye de penser que le malheur ne frappe vraiment qu'une fois en tout cas, et je te souhaite bon courage pour faire face à la suite avec sérennité... je continuerai à te lire pour avoir des nouvelles.
Pauline
Mais même avec tant de souffrance en nous avons nous le droit de nous plaindre constamment ? Non ! Essayons d'apprécier ce que nous avons et penser à tous ceux qui ne connaitrons peut etre jamais le bonheur d'avoir leur propre enfant.
Je souhaite beaucoup de courage à ce couple, vraiment il faut qu'ils se soutiennent car à 2 on est plus fort. Leur amour pourra peut etre les sauver au lieu que chacun souffre de son coté et que finalement ils ne se perdent aussi ! COURAGE !
amitié
Lionel
je voudrais vous annoncer la parution du livre "Marie-Kerguelen".
"Marie-Kerguelen" est le témoignage du passage éclair d'une petite fille ardemment désirée, qui est décédée à la naissance du fait de sa prématurité.
Marie-Kerguelen n'est ni la longue plainte d'une souffrance déballée, ni une histoire morbide. C'est une histoire d'amour et un témoignage de vie.
J’aimerais qu’il aide les couples qui espèrent un enfant, les couples pour qui l’attente est trop longue.
J’aimerais qu’il aide les familles qui ont perdu un bébé, parfois plusieurs bébés.
J’aimerais que mon livre les aide à traverser la stupeur, la colère, la culpabilité, le sentiment d’échec et d’isolement.
J’aimerais qu’il aide les autres à comprendre l’infinie douleur qu’on ressent à la perte d’un bébé, qu’ils ne nient pas cette souffrance, qu’ils ne nient pas l’enfant, qu’ils n’en fassent pas un tabou.
J’aimerais qu’il vous touche, vous aussi, et que vous ayez envie de le partager à votre tour.
J'ai créé un blog http://marie-kerguelen.over-blog.com/
- Le site web qui présentera de larges extraits du livre et qui permettra la commande en ligne sera prêt à la fin du mois http://www.marie-kerguelen.fr
- Mon livre sera en cours d'impression, il paraîtra le 5 mars. il sera vendu 9€ + frais d'envoi dans la version papier, un joli livre imprimé sur du beau papier bouffant ivoiré. Il sera téléchargeable pour 5€ sur le site. isbn : 978-2-9528879-0-8. Il pourra aussi être acheté dans toutes les librairies en lignes.
- j'ai créé une adresse e-mail spécifique pour les échanges sur le livre et les commandes : gaelle@marie-kerguelen.fr
Le livre a déjà reçu un chaleureux accueil auprès des associations spécialisées sur le deuil périnatal en France (cf. http://marie-kerguelen.over-blog.com/).
gaëlle Brunetaud
http://marie-kerguelen.over-blog.com
n.b. : si vous voulez faisons un échange de liens ! MERCI
On peut même cumuler les malchances... Je suis stérile et suis tombée enceinte après plus de 3 ans d'essais, grace à un traitement médical. 1ère fausse-couche à 8 semaines. Ensuite, je suis retombée enceinte, de triplés (avec le même traitement) et j'ai perdu mes bébés à 18 semaines. Je m'en sors lentement mais cet article a été douloureux pour moi.